Propagande avant tout!

08/07/2016 15:11

On sait que Napoléon a toujours soigné son image et a été un des précurseurs habiles de la propagande destinée à magnifier son personnage et ses exploits. Les peintures faites de lui ne sont ni réalistes ni historiquement exactes mais elle mettent en évidence le guerrier ou le législateur ou le dirigeant selon le message qu'elles veulent faire passer.

On voit un Napoléon triomphant dessiné par Antoine-Jean Gros sur le pont d'Arcole alors qu'en réalité il était tombé à l'eau et ses grenadiers eurent du mal à le sortir de ce mauvais pas. C'est son second, le fidèle Muiron qui bravant les balles autrichiennes mourut sur le pont légendaire.

Il en est de même pour le nom de ses victoires. Elles devaient résonner comme le tonnerre et la foudre et marquer les esprits: Austerlitz, Marengo, Wagram, Iéna,...

Mais parlons de la bataille dite des Pyramides.

Nous sommes le 21 juillet 1798, Napoléon est en Égypte et doit affronter pour la première fois les Mameluks de Mourad et Ibrahim Bey, ces fougueux cavaliers rutilants d'or et de pierreries sur leurs chevaux arabes. Pour les détruire, Napoléon va opposer à leur fougue orientale la rigueur occidentale en formant ses troupes en carrés résistant aux charges de cavalerie et son artillerie savamment positionnée. Ce sera une hécatombe pour la fine fleur de la cavalerie arabe où plusieurs milliers de Mameluks tomberont (estimés entre 1.200 à 8.000 morts selon les sources) pour seulement 29 soldats français tués!

Mais l'anecdote réside plus sur le lieu réel de la bataille. 

Si l'on s'inspire des différentes peintures faites pour commémorer la victoire cinglante de Bonaparte, on comprend mieux pourquoi elle fut appelée la Bataille des Pyramides. En effet, on voit sur toutes les représentations les soldats se battrent soit au pied de ces édifices multi-millénaires soit parfois à quelques centaines ou milliers de mètres.


La bataille des Pyramides, huile sur toile de Antoine-Jean Gros, 1810


La Bataille des Pyramides (détail -1808), Versailles, musée de l'Histoire de France

La réalité est toute autre. La bataille eut lieu dans les champs de melons d'Imbaba à 20 km à vol d'oiseau au nord de Gizeh. Les pyramides étaient à peine visibles à l'horizon pour les soldats qui les devinaient au travers de la brume, plus préoccupés à étancher leur soif avec des melons sucrés et juteux avant la bataille imminente que de contempler les richesses architecturales de l'Égypte.

Vous comprendrez dès lors aisément le choix de Bonaparte d'intituler sa victoire, la Bataille des Pyramides plutôt que la Bataille d'Imbaba ou encore la Bataille des champs de melons...

Contact

Frank Grognet Nivelles
Belgique
hussardises@gmail.com