Parfaite retraite

30/08/2015 22:41

Il est important parfois de réhabiliter des personnages historiques qui ont été injustement vilipendés par l'Histoire. C'est le cas de Emmanuel de Grouchy, dernier maréchal nommé de l'Empire (17 avril 1815).

Napoléon l'a outrageusement condamné dans ses Mémoires à Sainte-Hélène pour lui faire endosser une partie importante de la défaite de Waterloo alors qu'il était le seul responsable de cet échec cuisant.

C'est Napoléon qui décide après Ligny de scinder son armée en deux et de lui donner le commandement de plus de 30.000 hommes pour poursuivre les Prussiens vers Wavre alors que plusieurs de ses maréchaux lui conseillent de ne pas déforcer son armée. De plus, il l'envoie à la poursuite des Prussiens 11 heures après la bataille!

Le Maréchal Grouchy va scrupuleusement suivre les ordres de l'Empereur et une fois qu'il apprendra la défaite de Waterloo il fera effectuer à ses deux corps d'armée une retraite exemplaire vers Givet via Wavre, Namur et Dinant, l'actuelle route Grouchy. Combattant à Wavre avec ses troupes, Grouchy reçoit le 19 juin à l’aube la terrible nouvelle de la défaite de Waterloo qui l'oblige rapidement à préparer sa retraite. Il fera marcher ses deux corps parallèlement vers le sud. Le IIIe corps de Vandamme passera par Tourinnes et Grand-Leez, alors que le IVe corps de Gérard fera route par Walhain, Gembloux et Mazy. C'est le Général Vandamme qui sera chargé de protéger la manœuvre et il le fera de manière exemplaire. A l'insu des Prussiens, les troupes françaises se replient en ordre parfait vers Namur où elles défilent du 19 juin en fin d’après-midi jusqu’au lendemain en début de soirée. Prévoyant des difficultés de mouvement dans la vallée de la Meuse, Grouchy laisse un détachement de 2.000 hommes à Namur destiné à retarder les Prussiens devant la ville. Il établit son quartier général au château de Boquet, à Temploux. Vandamme bivouaque à Rhisnes.

À l’aube du 20 juin, les Prussiens lancent la poursuite vers 10 heures, les éclaireurs teutons tombent violemment sur l’arrière-garde des deux corps, à Rhisnes et à Temploux. Les troupes françaises refluent vers Namur où l’arrière-garde se déploie au nord de la ville en milieu d'après-midi. Vers 15 heures, les troupes de von Pirch s’avancent vers la ville. On se bat à Flawinne et dans le fond de Marivaux, mais les Français décrochent. Quand le dernier soldat est entré en ville par la porte de Bruxelles, l’Adjudant Baptiste ferme la porte derrière lui (les clés sont aujourd'hui au musée de Nancy).

La ceinture de remparts qui protège la ville est en fort mauvais état, par manque d'entretien rendant la protection toute relative. Mais embusqués derrière ces murailles précaires, de la porte de Bruxelles à la porte de Fer, les Français résistent, repoussant de leurs feux les assauts répétés des Prussiens, dont beaucoup s’avancent, ivres, vers les retranchements. Les Prussiens laisseront près de 1.300 hommes et une quarantaine d'officiers dans cet assaut infructueux. Les Français traversent la ville, puis sortent par la porte de La Plante pour s’engager dans la vallée de la Meuse, vers Dinant et Givet. Les Prussiens renoncent à les poursuivre. Il faut rappeler que Grouchy a salué le dévouement et la gentillesse de la population namuroise qui s'est occupé avec beaucoup de compassion des blessés français lors de leur séjour dans leur ville.

Finalement Grouchy réussira à complètement dégager son armée de l'étau prussien et la ramènera à Paris quasi intacte sauvant l’honneur de l'armée française.

Bravo Emmanuel!

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Frank Grognet Nivelles
Belgique
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