On ne se mouche pas!

13/02/2016 22:27

On prête à Napoléon la paternité de beaucoup de choses et cela sans en avoir l'absolue certitude comme c'est le cas dans la présente anecdote supposée.

Au XIXe siècle, il était commun de se dégager les fosses nasales dans les manches de sa chemise ou de son costume, pas très sympathique. Pour un général, seul le sang, la sueur et la boue peuvent souiller un uniforme des soldats de la Grande Armée mais surtout pas de la morve! La solution fut vite trouvée et Napoléon ordonna que l'on ajoute des boutons en laiton sur les manches de ses soldats.

Et bien c'est faux, il y avait des boutons aux manches des vêtements masculins dès le XIIIe siècle afin de pouvoir avoir une manche bien moulée et ajustée sur l'avant-bras. La manche était au départ large et quand il fallait la retrousser des boutons ont été ajoutés pour maintenir le retroussis. Au fur et à mesure, ce repli va devenir en lui-même une pièce ajoutée et cousue au vêtement que l'on appellera le parement. Au départ très ample, la manche et le parement vont progressivement se réduire mais toujours maintenus par une série de boutons placés horizontalement et cela jusqu'à la Révolution française où la manche est serrée au niveau du poignet. Dès 1800,  la manche moule franchement le bras et que pour y passer la main, les boutons doivent ouvrir et fermer une patte d'ouverture sur le poignet! Les boutons horizontaux qui retenaient le parement sont alors placés verticalement et ne sont plus seulement décoratifs. Aujourd'hui, nos vestons ont conservé la série de boutons verticaux qui sont devenus fréquemment décoratifs, mais parfois encore fonctionnels avec une patte.

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Frank Grognet Nivelles
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