Murat à Heilsberg

19/03/2016 13:50

Cinq mois après la boucherie d'Eylau et 4 jours avant la bataille décisive de Friedland, les troupes françaises et russes s'affrontent à Heilsberg le 10 juin 1807 lors de la campagne de Pologne.

Cet affrontement n'aurait jamais dû avoir lieu car Napoléon avait demandé à son beau-frère de maréchal de simplement garder le contact avec les troupes russes, sans rechercher le combat. Mais l'intrépidité et la fougue du Maréchal Murat en décida autrement et il lança sans préparation ses troupes, 50.000 hommes dont 9.000 cavaliers, 18 régiments, sur les 80.000 Russes, retranchés et disposant de 400 bouches à feu.

Cuirassiers d'Espagne, dragons de Milhaud et de Latour-Maubourg, chasseurs de Lasalle, tous ces centaures iront tour à tour pendant toute la matinée s'écraser sur les défenses russes. Le Général Savary dira que ces fabuleux cavaliers ont fait des merveilles. Certes, mais à quel prix. On dénombrera plusieurs milliers de morts sans que cette journée n'apporte une quelconque décision dans la campagne, laquelle tombera 4 jours plus tard à Friedland.

Au début de l'action, Murat se porta seul au-devant d'un parti de cosaques qui caracolaient. Il leur fit, de la main, signe de se retirer, avec un geste d'autorité tel que, docilement, ils se replièrent. Le prestige de la bravoure est tel, que la renommée de ce centaure avait gagné jusqu'à ses ennemis.

Durant la charge, le cheval de Murat est atteint par un boulet ou une balle (selon les sources) et s'effondre. Le Maréchal-des-logis Jean Henry du 20e Chasseurs à Cheval, détaché d'ordonnance ce jour-là auprès du Prince Murat, l'aide à s'extirper de dessous de son cheval. Après plusieurs efforts, le maréchal est libéré mais laisse sa botte gauche dans l'étrier sous le cheval.

Ce n'est rien ! Ce n'est rien ! Un cheval !

Il prend le cheval du sous-officier et s'élance à nouveau vers l'ennemi, le pied gauche nu.

En avant ! En avant ! Vive l'Empereur !

Le soir de la bataille, le Maréchal-des-logis Jean Henry ramena la selle de Murat au quartier général, laissons-lui la parole.

Je t'assure que j'en avais la charge, car l'or y dominait sur le fer. Le Prince Murat me fit remettre mon cheval (Schipska) le soir, et m'ayant fait demander le numéro de mon régiment et mon nom, je fus décoré après la campagne.

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Frank Grognet Nivelles
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