On ne passe pas!

14/05/2016 20:36

Juana Galán surnommée La Galana, était une combattante qui s'illustra durant la guerre en Espagne lorsqu'elle combattit dans la rue des soldats français essayant de passer par son village de Valdepeñas.

Âgée à peine d'une vingtaine d'années, elle était considérée comme la femme la mieux informée du village étant donné son emploi à la taverne locale, haut lieu stratégique s'il en est. Les hommes du village étaient partis aller combattre les troupes françaises envahissant le pays. À la taverne, elle apprit que les soldats français avaient l'intention de passer prochainement par son village pour se rendre en Andalousie en renfort et jura d'en profiter pour se venger.

Le 6 juin 1808, des troupes impériales se présentent comme prévu à l'entrée du village de Valdepeñas, pensant pouvoir facilement le traverser vu que peu d'hommes y étaient encore présents pour le défendre. Mais c'était sans compter sur la détermination des femmes. Juana encouragea alors ces dernières à se battre. Elle se positionna dans la rue et fit la peau à tout soldat français qui croisait sa route. Généralement représentée avec un bâton à la main, il semblerait qu'elle frappait la tête des soldats avec sa poêle en fonte. Aïe! Les autres femmes présentes jetaient de l'eau et du vinaigre brûlants par les fenêtres ainsi que de l'huile bouillante.

Cet affrontement eut pour effet de faire fuir l'armée française de la région de La Mancha et d'empêcher ainsi l'arrivée de renforts en Andalousie. Ceci favorisa la décisive victoire espagnole de Bailén le 19 juillet qui vit capituler le général français Pierre Antoine Dupont de l'Etang et envoyer ses 20.000 hommes mourir sur les terribles pontons de Cadix et sur l'île de Cabrera. Le village reçut alors du roi Ferdinand VII le titre de village très héroïque.

Pour commémorer ce fait de bravoure, la ville fit ériger un monument à la gloire de Juana où on la voit munie de son bâton et faisant signe à ses ennemis d'arrêter d'avancer.

Juana Galán se maria le 2 mai 1810 à un habitant de son village, Bartolomé Ruiz de Lerma avec qui elle eut deux filles. Elle mourut en donnant naissance à sa seconde fille le 24 septembrer 1812, le jour même où la région de La Mancha fut définitivement évacuée par les troupes de Napoléon.

La morale de cette histoire est qu'il ne faut ni sous-estimer la puissance d'une femme brandissant une poêle en fonte ni faire d'indiscrétions au bar.

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Frank Grognet Nivelles
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