Jetons un voile pudique sur le fessier impérial

22/11/2015 12:31

On a émis plusieurs fois que Napoléon souffrait à Waterloo entre autres d'hémorroïdes qui l'ont tellement fait souffrir qu'il a limité ses déplacements à cheval. Or à l'époque il est vital pour un chef de guerre de reconnaître le terrain, d'aller aux avant-postes et de se montrer à ses troupes avant la bataille pour les galvaniser. Mais Napoléon est fatigué et il souffre. Il loge dans la nuit du 17 au 18 juin dans la ferme du Caillou à 5 km au sud du futur champ de bataille. Dehors il pleut à verse, les hommes sont trempés car dormant à la belle étoile et le terrain est détrempé et lourd. A minuit et demi, il déclare à ses proches:

Je suis épuisé! Toutes ces journées à cheval me sont de plus en plus insupportables. Et pourtant, je devrais sortir cette nuit pour reconnaître le terrain. Mais je suis trop fatigué et mon ventre me fait toujours autant souffrir.

Il ne reconnaîtra pas le terrain comme il l'a toujours fait durant toutes ses campagnes, cela lui sera fatal et il s'entêtera par exemple à épuiser des troupes d'élite à la ferme d'Hougoumont dont, selon certains historiens, il ne soupçonnait pas sa transformation en forteresse imprenable, l'édifice étant caché par un énorme verger d'arbres comme le montre la carte de Ferraris de 1777 dont disposait Napoléon.

Durant la bataille, plusieurs témoins diront que l'Empereur a passé la plupart de son temps à pied évitant le cheval alors qu'il aurait été nécessaire qu'il se portât à cheval sur tel ou tel point en fonction de l'évolution de la bataille comme il l'avait toujours fait auparavant. Il faut savoir que Napoléon ne s'était couché qu'à deux heures du matin et qu'il n'avait dormi qu'à peine 3 heures, ce qui n'était pas inhabituel de sa part.

Il faut également savoir qu'il avait déjà passé 18 heures à cheval lors de la bataille de Ligny 2 jours plus tôt et tout autant durant la journée du 16. Souffrant d'indispositions, il avait un peu tiré le diable par la queue ce qui explique la diminution de son activité lors de l'affrontement final le 18 juin.

Mais de quoi souffrait en réalité l'empereur des Français?

Dans son ouvrage La campagne de 1815, le militaire et homme politique français Jean-Baptiste Charras, âgé de 5 ans lors de la bataille, émet l'hypothèse que Napoléon souffrait de 3 maladies incommodantes qui expliquent son comportement durant la bataille:

  1. Une affection dysurique c'est-à-dire des troubles urinaires ou troubles de la miction qui le faisait souffrir depuis son retour de la campagne de Russie en 1812.

  2. Une affection hémorroïdale croissante lui causant depuis un an d'atroces douleurs.

  3. Une fistule entre l'anus et les testicules comme en avait souffert ces illustres prédécesseurs comme Louis XIV et François Ier qui a d'ailleurs emporté ce dernier. La fistule anale est une communication anormale entre le canal constitué par l'anus et le rectum et la surface cutanée située autour de l'anus, c'est extrêmement douloureux.

On peut dire qu'à l'époque Napoléon en avait réellement plein le c.. si vous me permettez cette expression crue...et qu'il lui était presque impossible de monter à cheval sans douleurs insoutenables. On peut dire dès lors que Napoléon n'était pas en parfaite possession de ses moyens lors de la bataille. Mauvais timing.

Contact

Frank Grognet Nivelles
Belgique
hussardises@gmail.com