Ils gagnent ses batailles avec nos jambes

30/06/2015 21:40

C'est ce que disaient les soldats de l'Empereur et ils avaient raison.

Napoléon, meilleur manoeuvrier d'Europe, demandait à ses soldats d'énormes sacrifices et notamment de marcher sans relâche pour arriver au bon moment au bon endroit pour livrer bataille et cela a marché, si j'ose dire.

Il n'était pas rare que les soldats marchent une quarantaine de kilomètres par jour pour ensuite livrer bataille, épuisés. Ainsi, en 1805, pour arriver à Vienne, les hommes de Lannes et de Soult ont parcouru une vingtaine de kilomètres par jour en 2 semaines.

Il ne faut pas non plus oublier l'inconfort du soldat lors de ces déplacements.

  • il se déplaçait tout d'abord sur de très mauvaises routes qui étaient rarement carrossables et bien souvent de simples sentiers de terre transformés en bourbier à la moindre pluie; 

  • il était équipé de souliers très sommaires, sans pied gauche ni pied droit, qu'il cloutait lui-même. Parfois les souliers venaient à manquer et il se rabattait alors sur de bons vieux sabots garnis de paille plus confortables.

  • Il devait porter un bardat assez impressionnant: un havresac avec tout son équipement et ses ustensiles, un lourd fusil, des dizaines de cartouches, une giberne, une baïonnette, un briquet (sabre court) qui en tout pesait pas loin d'une trentaine de kilos. Il fallait parfois de plus porter à tour de rôle à deux les marmites et les bidons de la compagnie.

  • il respirait difficilement dans une uniforme souvent étriqué et chaud avec la buffleterie qui coupait les épaules ou oppressait la cage thoraxique.

Il n'était pas rare dès lors de voir, après de longues et épuisantes marches, des dizaines de milliers de traînards suivre péniblement leur corps d'armée et se livrer au pillage. On estime qu'en moyenne un tiers des hommes était à la traîne et ne prenait pas part au combat.

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Frank Grognet Nivelles
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