Distribution des cartouches

30/08/2015 14:32

Contrairement à ce que le cinéma a véhiculé et comme on le voit dans les bivouacs des reconstituteurs, le soldat impérial n'avait pas de tente dans son paquetage et il dormait soit à la belle étoile si le temps était serein ou s'il ne trouvait aucun logement adéquat ou disponible soit dans un abri ou demeure quelconque comme ils se les arrachaient durant la terrible retraite de Russie. Dès lors, le troupier dormait fréquemment dans l'humidité si ce n'était dans la boue comme ce fut le cas à la veille de Waterloo où le ciel s'est déchaîné et a inondé les vastes champs brabançons durant toute la nuit.

Dormir dans de telles conditions posaient problème car le système de mise à feu des armes de l'époque supportait mal ce type de conditions.
Les fusils de l'époque se chargeaient toujours par la bouche comme le fusil des troupes françaises, le célèbre Charleville modèle 1777 conçu par le génial ingénieur Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval, célèbre également pour ses canons de conception en avance sur leur temps et qui donnera au début de l'Empire un avantage non négligeable à l'Empereur.

Le Charleville 1777 pesait 4,6kg et mesurait 1,5m de long. Son chargement était complexe et long. Le calibre était de 17,5mm et on utilisait une balle de 16,5mm. Le tir s'effectue en 12 temps (en 4 précipités quand le temps manquait) :

  1. Chargez vos armes
  2. Ouvrez le bassinet
  3. Prenez la cartouche
  4. Déchirez la cartouche
  5. Amorcez
  6. Fermez le bassinet
  7. L'arme à gauche
  8. Cartouche dans le canon
  9. Tirez la baguette
  10. Bourrez
  11. Remettez la baguette
  12. Portez vos armes

Le principe de mise à feu était précaire et il était courant d'avoir des ratés surtout si l'humidité s'en mêlait...On vissait sur le chien du fusil un silex qui va produire l'étincelle qui mettra le feu à la poudre en venant frapper la platine mobile qui, une fois déplacée par l'impact, libère le bassinet extérieur rempli de poudre qui s'enflamme alors (du moins on l'espère). Ce bassinet communique avec la culasse du canon par une petite lumière (petit orifice pratiqué dans le canon). Le feu est communiqué à la poudre présente dans la culasse du canon qui provoque la détonation et la propulsion de la balle hors du canon. Ne disposant pas de canon rayé (sauf pour la carabine Baker dont étaient dotés les Riflemen anglais à Waterloo), la précision du tir est médiocre et le feu doit se faire à courte distance de l'ennemi.

Toutefois dès qu'il pleuvait ou que les cartouches étaient humides, il y avait un long feu. C'est pour cette raison que les soldats protégeaient le mécanisme de mise à feu de leur fusil par une étoffe enroulée autour du fusil lorsqu'ils se déplaçaient. De plus, les cartouches, confectionnées dans des étuis de papier comprenant une balle et de la poudre noire, étaient seulement distribuées peu avant la bataille pour éviter leur contamination par l'humidité qui les rendait inutilisables.

Contact

Frank Grognet Nivelles
Belgique
hussardises@gmail.com