Cuisinier et espion

11/02/2016 21:33

Talleyrand était un fin négociateur et diplomate mais également un sacré manipulateur.

Avant de partir pour le Congrès de Vienne en 1815, on raconte que Talleyrand a réclamé au Roi Louis XVIII plus de casseroles que d’instructions écrites. Il avait plus besoin avec lui dans ses fourgons du plus grand cuisinier de son temps que des directives de son monarque. Marie-Antoine Carême fut donc du voyage; celui qui avait ravit les papilles du Tsar Alexandre lors de son séjour à Paris en 1814 à l’issue de la campagne de France. Issue d'une fratrie de 14 enfants, Marie-Antonin parvient à s'en sortir et gravit un à un les échelons de la renommée. Il sera finalement reconnu comme le roi des chefs et le chef des rois. Il sera aussi le premier à porter l'appellation de chef. S'appeler Carême pour un artisan de la gastronomie française, c'est pas banal!

Ensemble à Vienne, Carême et Talleyrand subjuguèrent les altesses et plénipotentiaires présents par la magnificence de leurs menus et la qualité des plats mitonnés. Dans les cuisines du palais Kaunitz loué par Talleyrand à Vienne, il organisait méthodiquement tous les jours un ballet tout autant politique que gastronomique. Il ordonnait avec Carême le dîner du jour et recueillait toutes les informations recueillies par le personnel de salle, fort nombreux qui assurait autant les soins du service que le renseignement. Dans la chaleur des mets et des vins, les langues se déliaient bien plus facilement et Talleyrand était au courant de tout le lendemain matin.

On peut donc dire que Carême servit autant comme espion que comme cuisinier.

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Frank Grognet Nivelles
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