Échec et mat!

21/06/2015 20:08

Alors que l'Empereur séjournait au château de Rambouillet et qu'il n'y avait le soir ni concert ni spectacle, il se décida à jouer aux échecs et se dirigea vers la table centrale qui lui était réservée au salon.

Il demande tout naturellement à son grand maréchal du palais, Duroc, de se joindre à lui, mais comme il n'entendait rien à cette affaire, l'Empereur lui demanda de s'enquérir d'un adversaire à sa taille.

Revenu bredouille de sa quête, Napoléon reformula sa requête auprès du maire de Rambouillet qui était son hôte ce soir là:

Monsieur le Maire, n'auriez-vous pas dans votre ville, un joueur d'échecs ?

Le maire lui dit qu'il connaissait fort bien un adversaire à sa taille dans le chef du curé de sa paroisse. Sitôt dit, sitôt fait; on alla chercher l'écclésiastique. Le curé arriva; c'était un vieillard aux cheveux blancs de 75 ans.

A cinq reprises, le curé battit l'Empereur qui lui dit:

- Monsieur le Curé, vous venez de me donner une leçon; j'en profiterai. J'ai plus appris ce soir à jouer ce jeu-là, que depuis vingt ans que je joue. Vous m'avez battu à plate couture.

- Votre Majesté est invincible partout ailleurs, répondit le prêtre, et c'est bien le moins qu'elle soit battue aux échecs. Au surplus, Sire, votre défaite tient à la rapidité de votre manière de jouer; ce mode réussit quelquefois, mais il n'est pas toujours heureux, surtout quand on a affaire à un ennemi lent et patient.

Le vieillard, sans s'en douter, donnait encore à Napoléon une leçon de stratégie.

Malgré l'insistance de l'Empereur à vouloir renouveler une telle expérience, les deux hommes ne devaient plus se revoir.

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Frank Grognet Nivelles
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