L'affaire de Golymin

04/06/2015 21:00

Nous sommes le 26 décembre 1806 en début de soirée en pleine campagne de Prusse au village de Golymin (Pologne actuelle) face aux troupes russes.

L'illustre général Lasalle commande la brigade infernale composée des  5ème et 7ème hussards.

Ordre est donné de charger et la brigade de cavalerie légère s'avance face à l'ennemi.

Soudain, c'est la stupeur au sein des rangs. "Halte!" a-t-on hurlé. L'ordre se répand comme une trainée de poudre parmi les rangs et les cavaliers stoppent la charge. Seul leur général entouré de la compagnie d'élite du 7ème hussard poursuit le mouvement.

Néanmoins au cri de halte! Lasalle s'est retourné sur sa selle. Quelle honte! Sa brigade, l'Infernale, a fait demi-tour en pleine charge... Il n'a plus derrière lui que ces braves du 7ème dont les regards angoissés le fixent, semblant implorer un pardon.

Impassible, il intime l'ordre à ses troupes de reformer les rangs et de faire face à l'ennemi à portée de canon des artilleurs russes. Les boulets pleuvent, des braves tombent, Lasalle a deux chevaux tués sous lui mais il se relève et reprend sa place devant les hommes. Le supplice durera jusqu'à minuit et une dizaine d'hommes seront sacrifiés, mais l'Infernale a expié.

Mythe ou réalité? Les avis divergent mais cela ressemble à du Lasalle tout craché quand même. Ce général téméraire qui écrivait dans sa dernière lettre à sa femme ces mots Mon coeur est à toi, mon sang à l'Empereur, ma vie à l’honneur. Il disait à qui voulait l'entendre qu'un hussard mort après 30 ans est un jean-foutre. Il finira lui-même glorieusement sur le champ de bataille de Wagram dans les plaines viennoises le 6 juin 1809 en fin de journée, frappé en pleine tête par un biscaïen tiré par un grenadier hongrois en retraite alors qu'il était à la tête de ces troupes, il avait 34 ans...

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Frank Grognet Nivelles
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